neuhaus et son histoire

Neuhaus
1863
Ce
nom est mentionné pour la première fois par acte légal, en l`an 1539.
Cependant, des vestiges de cet endroit important, aux confins du lac de Thoune,
conduisent jusqu`au moyen âge.
„Sust
zur Platten“ ainsi que se nommait à l`époque le débarcadère et plus tard
„Neuhaus“, fut durant des siècles un port de première importance pour le
commerce et le stockage de marchandises ainsi que pour le transport des
passagers qui vivaient ou se rendaient entre les deux lacs, les vallées de la
Lutschine et dans l`Oberhasli. A cette époque les transports par voies
fluviales étaient plus aisés que par la route, étant donné qu`il n`existait
pratiquement pas de voies terrestres le long du lac. Les rares chemins existant
étaient très dangereux.
Les
cols de l`Oberland vers le sud ont eu, dès les temps anciens, une grande
importance pour le commerce. C`est la raison pour laquelle l`Etat de Berne s`est
efforcé d`aménager des cols praticables. Déjà 1500 ans auparavant le couvent
d`Interlaken, à qui appartenait la majeure partie de l`Oberland Bernois, possédait
à Neuhaus une installation de transbordage.
Celle-ci
consistait en un local de stockage et un débarcadère pour les bateaux. Mais
après que l`Etat de Berne eut décidé de dissoudre le couvent d`Interlaken,
ceci en 1528, tous ses biens et possessions, y compris le débarcadère,
revinrent à la communauté. En 1543, les communes d`Interlaken, Unterseen,
Unspunnen et Ringgenberg, réalisèrent de nouvelles installations portuaires
avec leurs propres contributions. Les murs d`origine, de l`immeuble
„Neuhaus“ actuel, remontent à l`an 1678.
En
l`an 1668 le fléau de la peste sévit dans l`Oberland Bernois. On suppose qu`un
commerçant, voyageant dans la région, fut à l`origine de l`infection. Cet
homme en fut d`ailleurs la victime. Le bailli d`Interlaken donna l`ordre de
l`enterrer à Leissigen. A Grindelwald mourrurent en cinq mois 850 personnes et
dans l`Oberhasli 1200. Pour cette raison, il fut installé à Neuhaus une garde
permanente qui refoulait toute personne se rendant dans l`Oberland.
Près
de Neuhaus la rivière Lombach, aux caprices imprévisibles, se jette dans le
lac de Thoune. En mai 1747 elle passa pardessus bord, inonda toute la région et
endommagea les installations. En 1756 des dommages similaires se produisirent.
Durant
les hivers 1405, 1453, 1573, 1595, 1685 et 1695, le lac gela complètement. La
littérature de l`époque dit ceci: „En février 1573, après un rigoureux
hiver, le lac de Thoune fut recouvert de glace, si bien qu`on pouvait le
traverser à pied, à cheval ou même en traîneau, ce qui n`était pas arrivé
depuis 120 ans.“
En
1831 le compositeur Mendelsohn visita l`Oberland Bernois. Le temps s`est démené
et a provoqué de gros dégâts, écrit-il dans une de ses notes. Heureusement
qu`un passeur a bien voulu me conduire à Neuhaus, cependant, le parcours dans
sa barque ouverte, n`était pas très rassurant. Mon apparence était plutôt
pitoyable, car à Interlaken je fus accueilli, à mon arrivée, si froidement
que personne ne voulu me recevoir. C’est finalement à Unterseen que je
trouvai à me loger d`une façon très confortable et que je m`y senti bien.
L`exploitation
fluviale se fit jusqu`en 1835 uniquement par bateaux à rames, quelquefois à
l`aide de voiles. La durée du trajet depuis Thoune était d`environ cinq heures.
Cette année là un bateau à vapeur fit pour la première fois la traversée du
lac. Neuhaus devint le premier débarcadère. Ce nouveau mode de transport a eu
pour conséquence une forte augmentation des passagers et des marchandises. Ce
fut le début du tourisme. Certains jours on a dénombré jusqu`à cent
diligences au port pour conduire les arrivants à leur destination. A l`époque
le bateau faisait le parcours trois fois par jour et mettait une heure un quart
de Thoune à Neuhaus.
En
1871 cette station a perdu son importance. L`aménagement d`un chemin de fer
allant de Därligen à Bönigen en est la cause. Dès lors les passagers
quittaient le bateau pour le train. Les marchandises seules étaient encore
transbordées à Neuhaus. Après la création d`une ligne de chemin de fer à
partir de Thoune le service par bateau fut suspendu. En 1912 seulement il fut réactivé
et depuis, tous les bateaux s`arrêtent à Neuhaus excepté le „Blümlisalp“.
Les
forces de la nature leur ont souvent posé de sérieux problèmes en mettant à
mal toute la région, la dernière en date en 1999 lorsque le niveau du lac dépassa
sa cote maximum. L`immeuble principal, restaurant et cave en ont fortement
souffert. Cela n`était pas arrivé depuis 180 ans.
„Das
grosse Landbuch“, H. Hartmann